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mercredi, octobre 27, 2004

Souviens toi

Quand j'avais 15 ans, je prenais des cours de chinois avec une fille de 20 ans qui disait tout le temps "c'est l'age" pour justifier ses oublis. Moi bien-sûr, je me disais que c'était pas possible d'avoir des problèmes de mémoire à 20 ans.
Cinq ans plus tard, j'aurais appris quelquechose.
Alors comme il y a des choses dont j'aimerais me souvenir plus tard, je m'adresse à toi Leeloo de demain.
Quand t'arriveras au bout de tes années compiégnoises (trois je l'espère) et que t'auras des souvenirs plein la tête, tu te demanderas comment tout ceci a commencé.
Je vais t'aider à ne pas oublier.

Souviens toi combien les débuts ont été difficiles. Combien la transition a été longue et éprouvante. Souviens toi de tes espoirs, quand l'un de tes octonomes a été pris dans ton école au dernier moment. Des démarches que t'as entreprises pour son logement, des messages que tu lui envoyais, des coups de fil que vous vous passiez tous les soirs pour essayer de le convaincre. Souviens toi quand il t'a annoncé qu'il arrivait le lendemain, qu'il a pris le train du matin et qu'il t'a attendue en bas de chez toi, quand vous avez choisi vos UVs en haut de l'amphi, qu'il était avec toi et que tu pensais qu'il le serait encore pendant trois ans. Souviens toi de ta déception quand t'as lu dans ses yeux qu'il se mentait, qu'il se forçait à rester, quand tu l'as accompagné à la gare en racontant des conneries pour faciliter la séparation, quand t'as effacé ses derniers messages en rentrant chez toi et qu'il pleuvait partout autour et à l'intérieur de toi.
Souviens toi des premiers cours, ceux-là même qui t'ont fait réaliser que c'était parti, que t'étais partie. De ces termes mathématiques que t'avais déjà entendus de la bouche d'autres professeurs dont la voix et le visage t'étaient plus familiers, de la façon dont tu scrutais l'amphi d'en haut en te disant que tu ne reconnaissais plus personne. Souviens toi des analogies que tu faisais entre ton ancienne fac et la nouvelle, de ces ressemblances omniprésentes qui te broyaient le coeur, du td de stats où tu t'es retenue de pleurer. Tout ce que t'as eu le temps de ressasser, les fous rires, les coups de gueule, les expressions, les délires, la pelouse sur le toit, la tour aux toilettes propres, le banc du huitième rang gauche de l'amphi, les cafés dégueulasses du distributeur, le lecteur mp3 qui circulait en td, les erreurs de calculs du prof que vous corrigiez, le box que vous réserviez à huit, le jour où t'as eu ton permis, les gateaux au chocolat que tu faisais, les stats que vous pensiez ne jamais valider, et j'en passe. Souviens toi de ton soulagement quand t'as obtenu l'équivalence de stats car t'allais enfin arrêter de te faire du mal. Souviens toi des messages que t'envoyais à tes octonomes tous les jours, tous les soirs, pour les sentir près de toi, de ton coeur qui s'illuminait dès que le portable vibrait, du réconfort qu'ils t'apportaient, de leur présence. Souviens toi, ils te disaient que tu ferais de nouvelles rencontres et que ça irait mieux. Souviens toi, tu n'y croyais pas.

Souviens toi de cette fille qui était avec toi à la fac mais à qui tu n'as jamais parlé car elle avait ses amis et toi les tiens. Des mails que vous vous êtes échangés pendant les vacances d'été pour vous connaitre car vous alliez intégrer la même école. Souviens toi combien tu l'avais trouvée géniale dès le début, les délires et les manies que vous aviez en commun, comment vous vous êtes tout-de-suite bien entendues jusqu'à devenir inséparables. Souviens toi de ces diners que vous avez passés à discuter, à parler de vos vies, de vos valeurs, de questions plus ou moins existentielles mais toujours intéressantes. Souviens toi de ces soirées passées en salles machine, en théorie pour travailler, en pratique pour rigoler. Souviens toi que tu l'as entrainée avec toi dans toutes tes associations, que vous avez inventé des expressions rien qu'à vous et que vous avez déclaré le jeudi soir soir sacré. Souviens toi combien tout aurait été plus difficile si elle n'avait pas été là.
Souviens toi de cette association photos que t'avais hésité à intégrer, et du président aux beaux yeux que tu n'aurais alors peut-être jamais connu. Souviens toi qu'à cause de lui t'as déprimé pendant deux semaines, car tu le trouvais trop proche d'un idéal auquel tu ne croyais plus. Souviens toi des initiations papier et pellicule qui t'ont beaucoup apportée, et de cette première photo que t'as développée seule le soir des vacances.
Souviens toi de ton voisin d'en face que t'avais du mal à reconnaitre alors que vous aviez discuté ensemble plusieurs fois. Souviens toi de la soirée qu'il a organisée le mercredi avant les vacances, qui t'a permis de rencontrer d'autres voisins et de te changer enfin les idées. Souviens toi aussi de la soirée que t'as faite le lendemain, celle qui t'a fait comprendre que ta vie compiégnoise avait réellement commencé, et que t'étais en train de te créer de nouveaux souvenirs.

Souviens toi que parfois une rencontre tient à pas grand-chose. Qu'il avait son binome et toi le tien. Que les tp de maths existent et que chacun y tourne le dos à tous ceux qui ne sont pas des binomes. Souviens toi qu'il aurait pu se souvenir de la tête de son binome ou son binome de la sienne, et ne jamais se mettre au pc à l'opposé du sien et à coté du tien. Souviens toi qu'il aurait pu ne pas avoir d'explications à demander, et que vous ne vous seriez peut-être jamais parlé. Souviens toi qu'il t'a rattrapée après pour t'emprunter ton cours, qu'il est reparti ensuite pour te laisser assister à une réunion, que t'es partie avant la fin car tu trouvais que l'intervenante se fichait de vous, qu'il est redescendu plus tot car il ne trouvait plus la salle du prof qu'il devait voir, que vous vous êtes alors croisés et qu'il t'a proposé un thé chez lui car il devait récupérer des affaires et que vous continuiez à discuter. Souviens toi qu'il n'y a eu aucun silence, qu'il parlait autant que toi et que t'as eu tout de suite l'impression de bien le connaitre. Souviens toi que tu t'es même moquée gentiment de sa maladresse et que ça l'a fait rire, il y avait déjà une certaine complicité entre vous. Souviens toi que par la suite, à chaque fois que tu le croisais, t'avais du temps libre et tu l'accompagnais devant sa salle, ce qui vous laissait le temps de discuter un peu, jamais assez. Souviens toi de ce vendredi où tu l'as croisé sur la passerelle, où il t'a convaincue de prendre le train une heure plus tot, et où tu l'as eu. Souviens toi, tu lui as envoyé un message pour le remercier, et depuis ce jour vous n'avez plus cessé de vous écrire.
Souviens toi le mal que t'as eu à glisser dans un message que t'avais un copain car t'avais peur de le perdre, et du sourire que tu n'as pas réussi à cacher quand il t'a appris l'existence de sa copine deux semaines plus tard. Souviens toi que son binome et lui ont tout fait à ta soirée, de la cuisine au rangement, en passant par la vaisselle. Souviens toi qu'ils insistaient pour vous raccompagner chez vous à chaque fois que vous rentriez tard, et qu'ils ne voulaient même pas te laisser remonter la dernière petite rue seule. Souviens toi du soir des vacances où ils sont venus vous chercher au labo photos à une heure du matin pour faire le chemin avec vous alors que c'était à l'opposé de chez eux et que vous ne leur aviez rien demandé. Souviens toi, tu leur as dit que des jeunes hommes comme eux on n'en trouvait plus beaucoup et qu'ils étaient vraiment formidables.
Souviens toi quand, à la soirée, tu l'as remercié pour le cidre car t'adorais ça, et qu'il t'a dit qu'il le savait, qu'il s'en était souvenu (alors que tu ne te souvenais meme plus le lui avoir dit) et qu'il l'avait apporté pour toi. Souviens toi combien ça t'avait touchée.
Souviens toi des messages que vous vous envoyiez parfois jusqu'à trois heures du matin, et de vos têtes de zombie le lendemain. Souviens toi des insultes gentilles que vous vous écriviez, de la façon dont vous vous provoquiez pour pousser l'autre à bout, jeu auquel il gagnait tout le temps car t'étais trop susceptible. Souviens toi également de votre soutien mutuel, du réconfort que vous apportiez à l'autre quand il n'allait pas bien, comment vous vous êtes aidés à trouver vos marques.
Souviens toi aussi qu'il t'a dit que t'étais une fille en or et qu'il était content d'avoir un jour demandé de l'aide en tp de maths...


Leeloo de demain, n'oublie pas que les débuts sont parfois difficiles, mais qu'il y aura toujours des rencontres pour faciliter les choses.
Quand t'arriveras à ces lignes, tu seras triste et nostalgique, je te connais, ce n'est pas demain que tu changeras. T'auras tout pleins d'autres souvenirs en tête, et ça te fera bizarre de repenser à ceux-là. Tu te diras que tout est passé trop vite, que c'est une ère qui s'achève et que tu ne revivras plus. Tu diras à ceux qui fêteront leurs vingt ans que ce sont les meilleures années de leur vie, et que si tu pouvais revenir en arrière, tu le ferais. Mais t'as tort d'être triste. Elles ne te seront pas passées à coté ces belles années, tu les auras vécues, t'en auras profité jusqu'au bout, car aujourd'hui, je vais tout faire pour que demain, en tournant cette nouvelle page, tu n'aies rien oublié et rien à regretter.



:: par leeloo à 16:34 ::
 
 
samedi, octobre 16, 2004

Quitter la vie qu'on a eue pendant 20 ans

Partir loin de ses proches et de ses amis.
Perdre un à un chacun de ses repères.
Avoir des cours qui ressassent des souvenirs de fac.
Rencontrer des personnes qui rappellent des espérances oubliées.
Adhérer à des associations qui remettent ses valeurs en question.
Se dire, seule dans sa chambre, que ça ne dure que trois ans.
Se dire, dans les coups de blues, que c'est le meilleur choix.
Espérer enfin trouver une lueur dans les yeux de ses proches.
Etre en période de doutes. Les surmonter.
Et entendre son père dire à sa soeur qu'elle non plus n'ira pas dans une bonne école.



:: par leeloo à 20:32 ::
 
 
vendredi, octobre 15, 2004

Bon j'aime pas faire la police

Et j'aime bien quand y a pleins de commentaires.
Et j'aime pas poster de mon école.
Et j'aime pas les claviers ni azerty ni qwerty.
Donc je ne devrais pas faire ce post.
Mais j'ai eu des réclamations.
Le zigoto (avec un W?) qui poste à la place des autres est prié de s'arrêter. Si j'avais pas la flemme, et si la souris marchait, je regarderais dans les stats pour voir qui c'est, mais je lui laisse le bénéfice du doute, donc faites la paix les gens et soyez sage, Leeloo revient ce week-end.



:: par leeloo à 09:29 ::
 
 
samedi, octobre 09, 2004

Aux mêmes yeux bleus les mêmes problèmes

Il s'appelle comme mon chéri et comme mon ex prof de maths aux yeux bleus. Rien n'était fait pour que l'on se connaisse, et pourtant on se connait. Et sans me laisser le temps de voir évoluer les choses, on s'entend bien.
Arrive le moment de lui annoncer que j'ai quelqu'un. Dans ces moments je me demande toujours pourquoi je ne l'ai pas fait plus tot. Histoire qu'il n'ait pas eu le temps de se faire des idées. Qui sait s'il n'a pas mal interprété notre rapprochement? Et s'il le prenait mal? Mais c'est quoi plus tot?



:: par leeloo à 22:43 ::
 
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